Le 3 novembre dernier a marqué le changement d’heure. Cette période est associée avec le raccourcissement des jours et la baisse d’intensité lumineuse. Cette réduction d’ensoleillement et le raccourcissement des jours en fin d’automne provoquent chez certaines personnes des réactions apparentées à la dépression clinique et qui peuvent durer jusqu’au printemps.
On dit alors qu’elles souffrent du trouble affectif saisonnier (TAS) ou, si vous préférez, de la dépression saisonnière. Ces personnes manquent dramatiquement d’énergie, elles ont un désintérêt profond pour leur travail, leurs activités de loisirs et sociales. Elles ont un besoin excessif de sommeil, ont peine à se sortir du lit le matin. Elles n’ont le goût de rien si ce n’est de manger, surtout des féculents et des sucreries, pour lutter contre le froid et gagner un semblant d’énergie. Elles prennent donc du poids et, souvent, elles s’isolent.
Selon le Dr Brian Bexton, environ la moitié de la population va ressentir cette baisse d’énergie, surtout à partir de la fin octobre. Ce phénomène serait tout à fait normal. Néanmoins, il importe de s’en préoccuper «lorsque ça ne fonctionne plus, quand on commence à avoir des pensées sombres, quand on est découragé et que tout devient une montagne, pas juste un peu plus difficile, mais une montagne devant nous, là il faut consulter.» (Dr Bexton)
Quelques faits
- Quoique le TAS existe depuis environ 150 ans, il n’a été reconnu comme trouble mental que dans les années ’80 ;
- Le TAS est parfois désigné sous l’expression « blues de l’hiver ». Il arrive aussi que des personnes souffrent d’une version estivale du TAS ;
- Le TAS peut affecter des enfants et des adolescents, toutefois il affecte plus souvent des individus âgés entre 20 et 45 ans ;
- Le TAS est plus commun pour les femmes que pour les hommes ;
- Plus on vit loin de l’équateur (que ce soit au Nord ou au Sud), plus on risque d’être atteint du TAS. Par exemple, une personne vivant dans le sud des États-Unis est moins à risque de souffrir du TAS qu’une personne vivant au Yukon, Canada ;
- Environ 2 à 3 % des Canadien(ne)s sont atteints du TAS, quoique certaines statistiques fassent plutôt état de 5 à 10 % (Association canadienne pour la santé mentale).
Causes
La cause du TAS est inconnue, mais on croit qu’il pourrait provenir d’une exposition moindre à la lumière du soleil. Le TAS pourrait être lié à l’horloge biologique du corps qui régule la température et la sécrétion hormonale. En effet, le corps possède une sorte d’horloge biologique qui pousse à vouloir dormir lorsqu’il fait nuit et à s’activer lorsqu’il fait jour.
Le TAS pourrait également être lié à la concentration de mélatonine dans le corps, une hormone sécrétée par la glande pinéale. Cette hormone somnifère que nous sécrétons naturellement la nuit, serait présente en trop grande quantité et cela dans la journée pour les personnes souffrant de dépression saisonnière. La lumière inhibe la production de mélatonine. C’est pourquoi le manque de lumière au niveau de la rétine aurait pour conséquence de ne pas bloquer la sécrétion de mélatonine le jour et de ce fait produirait une dérégulation de notre horloge biologique interne produisant des effets directs sur notre humeur, le sommeil et l’appétit.
Symptômes
- Sommeil prolongé
- Prise de poids
- Plus grand appétit, particulièrement pour les glucides (sucres et féculents)
- Fatigue et perte d’énergie
- Anxiété accrue
- Baisse de la libido
- Difficulté à se concentrer et à terminer des tâches
- Sentiment de paresse et de léthargie
Diagnostic
Il est difficile de diagnostiquer le trouble affectif saisonnier parce que ses symptômes sont les mêmes que ceux d’autres types de dépression ou même de troubles physiques, comme ceux liés à la glande thyroïde.
Une autre raison pour laquelle il est difficile de diagnostiquer le TAS, c’est que bien des gens sont sensibles aux conditions météorologiques. Si tu te sens un peu ennuyé un jour de pluie ou encore que tu as une souffrance psychologique, ça ne veut pas dire que tu as le TAS. L’aide d’un professionnel de la santé est essentielle.
Solutions possibles
- Luminothérapie – Il s’agit en fait de s’exposer quotidiennement à une forte intensité lumineuse (lumière blanche à spectre continu), les yeux ouverts, entre 30 minutes et deux heures. Cette exposition peut se faire alors que l’on est occupé à n’importe quelle activité, en travaillant à l’ordinateur par exemple.
- L’activité physique et/ou la pratique d’un sport (la course en particulier) libèrent des endorphines et de la sérotonine dans le cerveau, ce qui diminue la tension, les douleurs et entraîne une certaine euphorie, diminuant donc les sentiments dépressifs.
- Profiter au maximum de la lumière du jour, soit le matin et le midi, pour bouger à l’extérieur.
- Nutrition – Avoir une saine alimentation adaptée à soi.
Soyez vigilants et prenez soin de vous. En mangeant bien et en bougeant à l’extérieur pour profiter de la lumière du jour, vous diminuerez les risques et vous vous sentirez mieux.
Ensemble, faisons de petits pas pour le plaisir de changer et d’être mieux!
Carl Brouillette

